Dans mon dernier article (Obsolète), nous avons désinstallé notre ancien système d'exploitation : celui qui croyait que la valeur se méritait par l'effort et la souffrance. Nous avons appris à faire le vide.
Mais une fois le vide fait, une fois le Roi ou la Reine réinstallé(e) sur son trône intérieur, une question cruciale se pose : Comment interagir avec le monde extérieur ? Comment parler, demander, offrir ou refuser sans retomber dans nos vieux travers de justification, de séduction ou de manipulation ?
Ces dernières 48 heures, la Vie m'a offert trois tests majeurs. Trois situations banales en apparence, mais qui ont été mon examen de passage vers ce que j'appelle aujourd'hui le Verbe Souverain.
J'ai compris que la communication d'un homme libre repose sur trois piliers : Le Don sans Attente, la Demande sans Attachement, et le Respect du Silence.
Récemment, j'ai voulu partager une création très intime (ce blog) avec une personne qui compte pour moi. L'ancien "moi" aurait envoyé le lien avec une anxiété sourde, attendant fébrilement un retour, une validation, un "c'est génial !". J'aurais mis la pression, même inconsciemment : "Dis-moi ce que tu en penses".
Mais cette fois, j'ai agi depuis mon centre. J'ai envoyé le lien avec cette simple phrase : "Si le cœur t'en dit d'aller y flâner."
La Leçon : C'est la différence entre Imposer et Proposer. Le Souverain ne cherche pas à convaincre. Il informe. Il dépose son offrande sur le seuil de l'autre, et il repart. Que l'autre ouvre le paquet ou non, qu'il l'aime ou non, cela lui appartient. J'ai agi comme un Phare : j'ai envoyé ma lumière. Si le navire la regarde, tant mieux. S'il regarde ailleurs, ma lumière ne brille pas moins fort pour autant.
Le deuxième test fut plus physique. Bloqué dans mon corps, j'ai ressenti le besoin d'une aide extérieure spécifique, un rituel particulier auprès d'un proche. Mon ego criait : "Ne dérange pas. Débrouille-toi seul. Tu vas paraître faible ou fou."
Pourtant, j'ai demandé. J'ai dit : "J'ai besoin de ça. Peux-tu m'aider ?"
La Leçon : Nous confondons souvent souveraineté et autarcie. Être souverain, ce n'est pas ne jamais avoir besoin des autres. C'est oser exprimer son besoin clairement, sans honte. La clé est le détachement : j'ai demandé parce que c'était juste pour moi, mais j'étais prêt à entendre un "non" sans que mon monde ne s'écroule. Oser demander, c'est offrir à l'autre l'opportunité de donner, tout en lui laissant la liberté de refuser.
Enfin, le troisième test fut celui de la limite. J'ai reçu une réponse d'une amie me disant qu'elle avait "peu d'espace" en ce moment pour échanger. Il y a quelques mois, j'aurais pris cela pour un rejet. J'aurais peut-être insisté, ou je me serais justifié pour essayer de "réparer" le lien, ou j'aurais boudé.
Cette fois, j'ai senti une paix immédiate. J'ai répondu simplement que je respectais son espace. Et je me suis retiré.
La Leçon : La souveraineté de l'autre est la garante de la mienne. Quand quelqu'un pose une limite ou ne répond pas, ce n'est pas une attaque contre vous. C'est une information sur l'état de son royaume. L'accepter sans drame, sans projection, c'est la preuve ultime que votre sécurité intérieure ne dépend plus de la disponibilité des autres.
Avant de passer à la pratique, observez vos dernières interactions :
Le signe le plus flagrant que nous ne sommes pas centrés, c'est la justification. Dès que nous disons "Non", nous nous sentons obligés d'ajouter un "Parce que..." pour nous excuser d'exister.
L'exercice de la semaine : Le "Point Final".
Observez l'inconfort que cela crée en vous. Respirez dedans. Cet inconfort est le bruit de vos anciennes chaînes qui se brisent. Votre parole est votre épée. Ne l'émoussez pas avec des excuses.
"Que votre parole soit impeccable." — Don Miguel Ruiz
À l'instant même où j'écrivais ces lignes sur le refus de se justifier, la Vie m'a envoyé un test grandeur nature. J'ai partagé une intuition à une personne très rationnelle. Sa réponse fut une analyse logique, cherchant à prouver (CQFD) que mon savoir venait d'une recherche intellectuelle et non d'un ressenti subtil.
Mon ancien moi aurait hurlé : "Non, je te jure, je n'ai pas fouillé, crois-moi !" J'aurais argumenté, apporté des preuves de ma bonne foi. J'aurais dilué ma vérité pour qu'elle soit acceptée par sa logique.
Le moi Souverain a simplement souri. J'ai répondu avec légèreté que nos lectures du monde différaient, sans chercher à avoir raison, sans m'excuser d'être intuitif face à sa logique implacable.
Le résultat ? Une paix intérieure immédiate. La justification est une guerre que l'on mène contre soi-même pour mendier l'approbation de l'autre. Déposez les armes. Vous n'avez rien à prouver.
(C'est ici que j'afficherai vos témoignages sur vos propres expériences de communication souveraine.)
Infinie gratitude,
Solas Cearta
Dans notre prochain article, nous aborderons un sujet brûlant : comment trouver sa tribu d'âmes et reconnaître ceux qui vibrent à la même fréquence que nous. Vos retours, vos questions et le partage de votre propre expérience sont les bienvenus par e-mail à
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